Mon enfant ne rentre pas dans le moule scolaire

Publié par lacordee le

Que faire lorsque son enfant ne rentre pas dans le moule scolaire?

Votre enfant présente des difficultés à “coller” aux standards que l’on attend de lui à l’école? Que faire lorsque son enfant ne rentre pas dans le moule scolaire? Pas de panique, on tente de répondre à vos questions.

« Mon enfant ne rentre pas dans le moule scolaire ». Voilà une problématique que de plus en plus de parents expriment, souvent en lien avec la peur du décrochage scolaireDes parents de plus en plus concernés, conscients et instruits de la chose éducative, de la pédagogie sous toutes ses formes. Conscient aussi des avancées très importantes des découvertes neuro-scientifiques, de la psychologie et par là, des théories éducatives bienveillantes, de la psychologie positive, etc… Mais surtout, des parents qui redeviennent optimistes et ayant foi en les capacités de leur enfant là où un certain fatalisme avait pu se faire sentir en d’autres temps. Et c’est heureux ! Ils sont alors en demande de comprendre, et d’agir, de faire changer les choses.

Un constat

Tout d’abord un constat, si l’on parle de moule scolaire, c’est bien qu’il y une volonté de l’institution, au niveau global, de formater, de contenir, ne laissant que peu de place pour la créativité, l’individualité, etc. Des personnes comme Sir Ken ROBINSON, expert Britannique en la matière, ou en France Stanislas DEHAENE ou le docteur Catherine GUEGUEN, dénoncent et démontrent les ravages de l’enfermement de l’imagination et de la personnalité unique de chaque enfant, liés aux contraintes de l’école. Celles-ci délitent la curiosité, et donc la motivation intrinsèque et pourtant innée de chaque enfant, à apprendre.

Une personnalité unique

Historiquement, le système scolaire français a mis en valeur l’excellence plutôt que le progrèsla suprématie des belles lettres et des sciences, l’évaluation normative et la sélection. On a basé la mesure de l’intelligence sur ces critères : la mesure de QI est logico mathématique pour dominante et verbale linguistique pour partie. On comprend les limites de cette approche quand on découvre la théorie des intelligences multiples. Cette théorie est développée aux Etats Unis par Howard GARDNER en 1983 sous le nom de « Frames of mind » et reprise en France par Bruno HOURST et son équipe depuis les années 90/2000 sous le titre de « mieux apprendre ».

Dans cette théorie, qui est l’une des façons de décrire l’intelligence humaine, ce ne sont pas moins de 8 intelligences différentes dont chacun de nous, quel qu’il soit, est doté dans une combinaison unique. Aussi, certains d’entre nous ont des forces dans les intelligences kinesthésiques d’autres, interpersonnelles, et d’autres encore sont plus visuo-spatiales, etc. Pour s’adapter au fameux moule scolaire, il convient plutôt donc de montrer des forces en logico-mathématique et en verbo-linguistique.

Lorsque des parents demandent à révéler le profil des intelligences multiples de leur enfant dans le cadre d’un coaching scolaire, on s’aperçoit souvent que ces intelligences « scolaires » ne sont pas leur force. Mais il est alors important de montrer à l’enfant, surtout s’il est peu confiant ou se sent nul, qu’il a des forces parmi les autres intelligences. Que ces forces sont des points d’appuis pour les apprentissages et proposent des pistes pour apprendre à apprendre. Mais qu’elles sont également des points d’ancrage pour se ressourcer. Toutes les intelligences sont importantes et ensemble, rééquilibrées, elles fondent une personnalité épanouie; par ailleurs valorisée en dehors du contexte scolaire.  Il s’agira alors de permettre à l’enfant d’accéder en dehors de l’école si nécessaire (dans sa vie quotidienne mais aussi sur ses temps de travail personnel) à des acquisitions par d’autres méthodes, d’autres sources et d’autres attitudes qu’en classe. Celles qui lui correspondent le mieux, dans l’optique de « s’apprendre pour mieux apprendre » ! Ainsi il percevra une possibilité se renouer avec le plaisir naturel d’apprendre de l’humain.

Une personnalité atypique

Les spécificités comme la précocité, l’hypersensibilité ou des troubles comme les Dys, les troubles de l’attention ou du comportement, sont de plus en plus étudiées, reconnues et étayées par des outils d’aide à la remédiation et à l’adaptation. Néanmoins, elles sont encore cependant difficilement prises en compte dans le système scolaire dans sa généralité. Et ce bien que l’on observe localement des initiatives bienveillantes et ingénieuses en coordination entre les enseignants et les familles.

Des associations comme la Cordée Educative peuvent porter des projets de formations à destination des enseignants. Ces derniers sont souvent démunis mais soucieux de bien faire, rapidement et efficacement dans leur classe. Le dialogue constructif permettra de changer le regard sur l’enfant qui ne rentre pas dans le moule. Cela pourra aussi peut être lui autoriser une souplesse bénéfique pour tous dans la classe, mais aussi dans l’école.

Ce dialogue entre les familles et l’école est nécessaire pour l’explicitation des spécificités propre à chaque enfant, mais aussi des possibles à l’école. Plutôt qu’un compromis, c’est une co-construction de solutions adaptées aux besoins identifiés qui sera profitable. Ces espaces de dialogue que sont les réunions d’équipe éducative, pouvant aboutir à des écrits engageants les deux parties tels les PPRE (projet pédagogique de réussite éducative) ou les PAP (projet d’accueil personnalisé) voire les PPS (projet personnel de scolarisation pour les cas relevant du handicap) l’aide et l’assistance des partenaires spécialisés de l’école et extérieurs à l’école seront bienvenus et nécessaires.

Un questionnement sur son rôle de parent

Être un parent d’enfant « qui ne rentre pas dans le moule scolaire », ça bouscule, ça questionne. On remet en cause ses croyances, ses représentations, son histoire, son vécu, ses idéaux. On doit faire une sorte de deuil d’une éducation fluide et sans heurt de son enfant pour lequel on imaginait une vie plus facile.

Ces enfants nous renvoient à notre propre éducation, à nos valeurs profondes et nous embarquent dans une sorte de combat intérieur pour renoncer à ce que l’on aurait voulu et accepter ce qui est. Ce combat a également lieu face au monde pour faire accepter son enfant dans son unicité et lui permettre de s’épanouir au mieux de ses potentiels et de ses envies. Dans le processus, le parent grandit avec son enfant. Lui aussi va s’adapter. Non pour mieux rentrer dans le moule. Mais pour se faire une place qui lui correspond avec les moyens qui sont les siens, ses connaissances, ses découvertes, son courage, sa patience, sa persévérance, etc. Cette phase d’apprentissage, d’évolution pour le parent est normale, et peut être accompagnée. C’est l’objet de l’angle familial du coaching scolaire et familial.

Caroline RYBSKI, coach scolaire et familial

caroline.rybski@gmail.com – 06 33 56 34 68 – Facebook 


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